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Histoire juive de Lyon
du Moyen Âge à nos jours
Des Juifs ont vécu à Lyon au Moyen Âge, ont disparu pendant trois siècles, sont revenus au XVIIIe siècle et ont reconstitué une grande communauté au XXe. Pendant la guerre, Lyon a été un refuge, un centre de la Résistance et le siège de la Gestapo de Klaus Barbie. Cette page suit cette histoire et montre où la voir.
- Du Moyen Âge à 2026
- Du quartier médiéval au procès Barbie
- Lieux à visiter
- Vérifié le 7 octobre 2026

Le Moyen Âge et la fin au XVe siècle
Des Juifs vivent à Lyon dès le IXe siècle. L’évêque Agobard tente d’imposer des conversions vers 820. En 1250, l’archevêque Philippe de Savoie expulse la communauté, alors installée sur l’actuelle rue Ferrachat. Une nouvelle communauté se forme dans la seconde moitié du XIVe siècle. Elle paie des taxes municipales, et la ville désigne des officiers pour traiter avec elle.
Cette communauté vivait sur la rue Juiverie, au pied de la colline de Fourvière. La rue a gardé son nom. En 1394, le roi Charles VI expulse les Juifs du royaume de France, et la ville de Lyon date de cette année la fin de sa propre communauté. L’Encyclopaedia Judaica note que Lyon ne faisait pas encore partie du royaume et retient 1420 environ, date à laquelle la plupart des familles s’installent à Trévoux, toute proche.
Les sources divergent sur l’année exacte. Elles s’accordent sur le résultat : pendant environ trois siècles, aucune communauté juive n’est attestée à Lyon.
Le retour, XVIIIe et XIXe siècles
Les Juifs reviennent lentement. Au XVIIe siècle, une communauté se reconstitue à partir de familles d’Avignon, du Comtat Venaissin, d’Alsace et de Bordeaux. En 1760, un Juif s’installe à Lyon, le premier depuis plus de trois siècles selon les historiens français. En 1775, la communauté demande l’autorisation d’ouvrir un cimetière.
Le décret du 28 septembre 1791 permet aux Juifs ashkénazes d’Alsace de s’installer librement, et la communauté s’agrandit. En 1840-1841, elle compte 760 membres.
Le grand signe de cette croissance est la Grande Synagogue du quai Tilsitt. Abraham Hirsch en est l’architecte. La première pierre est posée en 1863 et le bâtiment est inauguré le 23 juin 1864. Elle suit le rite consistorial, la structure qui organisait le culte juif français au XIXe siècle.
Le XXe siècle : deux communautés, puis une seule
Avant la guerre, Lyon est un centre modeste du judaïsme français. Selon une synthèse universitaire locale, environ 7 000 Juifs vivent dans l’agglomération, dont 4 000 à Lyon même. Les ashkénazes viennent surtout d’Alsace. Les séfarades viennent de Turquie et du Maroc. Une communauté d’ouvriers juifs marocains se forme aussi à Saint-Fons entre les deux guerres. Les arrivées d’Europe de l’Est à Lyon ne sont pas documentées dans les sources que nous avons consultées.
Après la guerre, la communauté change d’échelle. Des Juifs d’Afrique du Nord arrivent dans les années 1950 et 1960, beaucoup s’installant à Villeurbanne. La communauté passe d’environ 7 000 personnes en 1939 à plus de 25 000 en 1987. C’est pourquoi Lyon compte aujourd’hui une tradition ashkénaze consistoriale et une importante tradition séfarade, avec Neveh Chalom, la grande synagogue séfarade, rue Duguesclin.




Lyon pendant la guerre : refuge, Résistance, Gestapo
Après l’armistice de 1940, Lyon se trouve en zone non occupée et devient un refuge pour les Juifs. Des dizaines de milliers de Juifs passent par la ville ou s’y installent durant ces années ; les sources divergent sur le chiffre, nous n’en citons donc aucun. Lyon est aussi un centre de la Résistance.
En novembre 1942, les Allemands occupent la zone sud, et Klaus Barbie, 29 ans, prend la tête de la Gestapo de Lyon. Trois lieux racontent la suite.
- Le CHRD. En mars 1943, la Gestapo réquisitionne l’ancienne école de santé militaire du 14 avenue Berthelot et s’en sert pour interroger des résistants et des Juifs. Depuis 1992, elle abrite le Centre d’histoire de la résistance et de la déportation. Lire sur le CHRD.
- Montluc. Les Allemands prennent le contrôle de la prison de février 1943 à août 1944. Près de 10 000 personnes y sont internées. Un mémorial national a ouvert en septembre 2010. Lire sur Montluc.
- Rue Sainte-Catherine. Le 9 février 1943, la Gestapo fait une rafle dans les locaux de l’UGIF au numéro 12 et arrête 86 personnes. Quatre-vingts sont déportées.
Barbie a aussi arrêté Jean Moulin, représentant du général de Gaulle auprès de la Résistance, et selon sa biographie l’a torturé à mort.
Dates clés, une par une
- 1
820
L’évêque Agobard tente d’imposer des conversions aux Juifs de Lyon.
- 2
1250
L’archevêque Philippe de Savoie expulse les Juifs de Lyon.
- 3
De 1394 à 1420 environ
La communauté médiévale prend fin. Les sources donnent 1394 ou 1420 environ. La plupart des familles s’installent à Trévoux.
- 4
1760
Un Juif s’installe de nouveau à Lyon, pour la première fois en trois siècles environ.
- 5
23 juin 1864
La Grande Synagogue est inaugurée quai Tilsitt.
- 6
9 février 1943
La Gestapo fait une rafle dans les locaux de l’UGIF, 12 rue Sainte-Catherine. 86 arrestations, 80 déportations.
- 7
6 avril 1944
Les enfants de la Maison d’Izieu sont arrêtés, sur ordre de Barbie.
- 8
Février 1983
Barbie est arrêté en Bolivie et remis à la France.
- 9
Du 11 mai au 4 juillet 1987
Le procès Barbie à Lyon s’achève par une condamnation à perpétuité.
Izieu et le procès
Le 6 avril 1944, dans le village d’Izieu, dans l’Ain, la Gestapo de Lyon arrête 44 enfants juifs et 7 de leurs éducateurs dans la maison qui les abritait. Le groupe est conduit à Montluc, puis à Drancy le lendemain. Presque tous sont assassinés à Auschwitz-Birkenau. L’histoire des enfants est racontée à la Maison d’Izieu, à une heure de Lyon par la route.
Barbie est arrêté à La Paz en février 1983 et remis à la France quelques jours plus tard. Son procès s’ouvre à Lyon le 11 mai 1987. Le meurtre des enfants d’Izieu est au centre de l’affaire. Le 4 juillet 1987, il est reconnu coupable de crimes contre l’humanité et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Parmi les témoins figurent des survivants de la rafle de la rue Sainte-Catherine.
De nombreux Français ont aussi risqué leur vie pour sauver des Juifs. Yad Vashem a reconnu des milliers de Justes parmi les Nations en France. Nous ne publions pas de chiffre pour Lyon, faute d’en avoir trouvé un que nous puissions sourcer.
La communauté aujourd’hui
Nous ne citons pas d’effectif actuel. Il n’existe en France aucun recensement officiel des Juifs, et les chiffres que nous avons trouvés vont de 20 000 à 40 000 selon la source et l’année.
La vie juive à Lyon s’organise en plusieurs niveaux.
- Le Consistoire. Le Consistoire de Lyon gère la Grande Synagogue, et le Consistoire Israélite Sépharade de Lyon gère Neveh Chalom.
- Le Beth Din de Lyon. La cacherout est supervisée par le Beth Din du Consistoire régional, qui certifie 36 lieux où manger et faire ses courses à Lyon, Villeurbanne et Écully. Voir restaurants casher à Lyon.
- Villeurbanne. La plupart des minyanim de quartier se trouvent à Villeurbanne, où Chabad gère aussi une synagogue, une yeshiva et une école.
- Chabad. Quatre maisons Chabad, dans le centre-ville, le 6e arrondissement, à Villeurbanne et sur le campus. Voir Chabad à Lyon.
Notre page des synagogues indique les horaires de prière. Le cimetière juif de La Mouche, à Gerland, est le seul cimetière juif en activité de la ville.
Où le voir
- Rue Juiverie : la rue médiévale. Rien de juif ni de médiéval n’y est visible. Le nom en est la trace.
- La Grande Synagogue : fermée aux visiteurs en dehors des Journées du patrimoine. Notre visite Lyon juif y entre, sous réserve des horaires d’ouverture et de la sécurité du jour.
- Le CHRD et Montluc : la guerre à Lyon. Nous les visitons des jours différents : voir la visite du CHRD et la visite Montluc et Neveh Shalom.
- La Maison d’Izieu : l’excursion d’une journée, à une heure de Lyon. Voir la journée à Izieu.
- Casher à Lyon et cimetière juif : la communauté vivante.
Si vous n’avez que quelques heures, choisissez la visite Lyon juif. Elle dure 2 h 30, à pied, avec une guide juive, strictement casher et jamais le Shabbat.
Questions fréquentes
Depuis quand des Juifs vivent-ils à Lyon ?
Dès le IXe siècle. L’évêque Agobard tente d’imposer des conversions vers 820, et la communauté est expulsée en 1250. Une nouvelle communauté vit rue Juiverie au XIVe siècle.
Quand les Juifs ont-ils été expulsés de Lyon au Moyen Âge ?
Les sources divergent. La ville de Lyon date l’expulsion de 1394, année où Charles VI expulse les Juifs du royaume de France. L’Encyclopaedia Judaica indique que Lyon se trouvait alors hors du royaume et retient 1420 environ.
Quel a été le rôle de Lyon pendant la guerre ?
Lyon a été un centre de la Résistance et un refuge pour les Juifs, puis, à partir de novembre 1942, le siège de la Gestapo de Klaus Barbie. Le CHRD, Montluc et la rue Sainte-Catherine sont les principaux sites.
Que sont devenus les enfants d’Izieu ?
Le 6 avril 1944, la Gestapo de Lyon a arrêté 44 enfants et 7 éducateurs à la maison d’Izieu. Ils ont été conduits à Montluc, puis à Drancy, et déportés. La Maison d’Izieu est aujourd’hui un mémorial et un musée.
Quand Klaus Barbie a-t-il été jugé ?
Son procès s’est ouvert à Lyon le 11 mai 1987. Le 4 juillet 1987, il a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour crimes contre l’humanité.
Quelle est la taille de la communauté juive de Lyon aujourd’hui ?
Il n’existe aucun chiffre officiel et nous n’en citons pas. La vie juive se répartit entre le Consistoire, la communauté séfarade, Villeurbanne et quatre maisons Chabad.
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Pour aller plus loin
Sources : fr.wikipedia.org (Histoire des Juifs à Lyon) ; Encyclopaedia Judaica (Lyons), via jewishvirtuallibrary.org ; lyon.fr ; Mémorial de la Shoah ; memorial-montluc.fr ; en.wikipedia.org (Klaus Barbie) ; jewishvirtuallibrary.org (The Children of Izieu). Compilé par Mishpacha Tours à partir de ces sources. Vérifié le 7 octobre 2026.